Un peu d'histoire


L'installation de Boischatel est située sur un site historique.  En effet des recherches archéologiques ont été faites avant l'implantation du nouveau bâtiment. 

LE SITE DE L’HÔTEL BUREAU DE BOISCHÂTEL

Des recherches archéologiques conduites en 1994, à quelques pas d’ici, démontrent que, d’après la forme de certains outils de pierre, le site de l’hôtel Bureau aurait été fréquenté par des groupes de nomades dès 1500 ou 2000 avant notre ère.Si Pierre-Esprit Radisson fait état de la présence d’un village "iroquois" à proximité des chutes au cours de XVIIe siècle, ce n’est qu’en 1780, du côté ouest de la chute, par la construction d’une luxueuse villa par le gouverneur général Frédérick Haldiman (manoir Montmorency) qu’est favorisée l’émergence progressive d’une villégiature bourgeoise. Au début du XIXe siècle, l’accès au haut des chutes et à la rive est de la rivière Montmorency est rendu possible par l’établissement d’une route et l’érection, en 1813, d’un pont entre les deux rives.

 Tout est désormais en place pour le développement hôtelier.  .Dès cette époque, en 1814, Gabriel Bureau fait construire une première auberge à une trentaine de mètres au sud du pont. Les ruines de ce bâtiment ont été fouillées et sont conservées sous le pont actuel. En 1817, Jean-Baptiste Bureau, charron et neveu de Gabriel, se fait construire une habitation d’un étage mesurant 34 pieds sur 28 au nord du pont - c’est cette bâtisse qui deviendra plus tard l’Hôtel Bureau et qui fera l’objet de fouilles (1994) et de surveillance (1997) par le ministère de la Culture et des communications du Québec.  .En 1820, une maison à péage dont les vestiges sont toujours visibles est érigée à l’ouest de la maison Bureau.

 En 1855, devenu vétuste, le pont de 1813 fait place à un nouveau pont qui passe juste au dessus de la chute et qui s’écroule l’année suivante, faisant trois victimes. Cet événement amène la construction, en 1858, d’un troisième pont à l’emplacement du premier.  .Louis Bureau, fils de Jean-Baptiste, se lance dans l’hôtellerie en 1864. Il apporte d’importantes modifications à la maison paternelle dont il est propriétaire depuis 1819 et qu’il rehausse d’un étage.

Entre 1864 et 1907, la popularité de l’hôtel Bureau avec son établissement de danse, ses écuries et sa glissoire justifie des agrandissements successifs qui portent la longueur du bâtiment de 38 pieds à 54 puis à 76 pieds.  Grâce aux travaux archéologiques de 1994 et 1997, il a été possible de comprendre l’évolution du bâtiment. Ainsi, la partie la plus ancienne (la maison de 1817) se trouve près de la rivière et le développement s’est fait vers l’est au gré des besoins entre 1864 et 1907. À l’exception d’une cuisine, la fonction exacte de chacune des pièces n’a pu être identifiée, faute d’objets significatifs. La pièce qui servait de cuisine lors de l'incendie de 1907 a produit une quantité énorme de vaisselles et d’ustensiles de table ainsi qu’une quincaillerie architecturale variée relative aux armoires (crochets, serrure, pentures, gond, etc...). 

Les objets découverts dont certains sont exposés au Centre de la Petite Enfance L’Enchanté, permettent de conclure que l’hôtel Bureau était fréquenté par une classe de gens jouissant d’un standing de vie appréciable.  .L'hôtel Bureau prospéra quarante-trois ans jusqu’au moment où, le soir du 2 décembre 1907, un violent incendie dont les archéologues ont retrouvé les traces le ravagea de fond en comble. Le feu, poussé par le vent, fut, paraît-il, si intense qu’il se communiqua au pont, à la maison de péage et à l’auberge Bureau qui purent heureusement être sauvés.  .Le 15 décembre 1994, le site de l’hôtel Bureau fut classé par la Commission des Biens culturels du Québec.

C’est en vertu de ce statut que des fouilles archéologiques y ont eu lieu et que la construction du Centre de la Petite Enfance L’Enchanté a été autorisée en 1999 sur le site même de l’hôtel dont les derniers vestiges sont conservés sous la cour et sous l’édifice.

Carl Lavoie, archéologue
9 août 2000